La dictature d’extrême gauche de plus en plus enragée

 Par Lucien SA Oulahbib 

L'extrême gauche, et ses compagnons de route postmodernes, relativistes, nihilistes, tient fermement dans ses serres en France (et dans la plupart des pays occidentaux)  l'Université, Collèges et lycées, FIAC, théâtre public, cinéma, la plupart des médias et ce de manière sinon explicite (en particulier les premiers de la liste) du moins implicite en imposant par exemple ses mots clés et tabous qui, franchis, suscitent immédiatement la mise à l'Index de fait, même si ici et là, et pour des raisons d'audience et donc de profitabilité, tous les médias ne réagissent pas au doigt et à l'oeil aux réquisitions (les cas Zemmour, récemment Sarkozy sur le climat…) de ce qu'il faut nommer une nouvelle Inquisition (dont la sociologie est à faire, mais j'en ai esquissé les pourtours dans plusieurs articles et ouvrages…mis à l'Index…).

Prenons quatre exemples : la nouvelle préposée à l'animation de la tranche 6h30 à 07h sur France Culture s'est encore fendue de cette réaction typique propre à la nouvelle Inquisition (encore fendue parce qu'elle s'offusquait il y a peu des arrêtés anti-burkini) parlant cette fois d'un acte "islamophobe" au fait qu'une tête de porc ait pu atterrir près d'un magasin de coiffure appartenant à un certain "Mohamed"… Or, il faut y voir là plutôt un réductionnisme xénophobe rétrécissant le Mohamed en question à sa religion supposée, ce qui n'est pas de la même nature; car le jet de tête de porc pourrait s'expliquer si son magasin est explicitement un lieu propagandiste djihadiste ; auquel cas il s'agirait plutôt d'une critique pratique provocatrice, sans doute excessive, mais qui désigne bien la nécessité au moins d'en parler.

Mais s'il ne s'agit pas de cela alors cet acte de lancée de tête de porc est moins islamophobe que xénophobe, ce qui relève plutôt d'un refus d'entrée de toute intégration/assimilation, projetant une vision racialiste et non plus politique de la Nation, or c'est ce dernier aspect qui fonde la France, y compris monarchiste, et non la première de confection récente autour des thèses de Gobineau ce précuseur du nazisme. 

Mais la préposée à la propagande relativiste ne va pas évidemment jusqu'à là tant pour elle le nommé "Mohamed" ne peut être que musulman. Renforçant ainsi l'uniformité identitaire supposée tout en récusant ce dernier terme bien sûr.Et, surtout, elle fait croire qu'elle combat ledit "racisme" alors qu'elle le renforce plutôt puisqu'en réduisant le détenteur du prénom "Mohamed" à sa religion supposée elle va à la fois dans le sens de l'acte xénophobe qui l'y réduit, et, en même temps, récuse toute possibilité de critique en la cataloguant de maladie à soigner, ce qui en dit long sur la nature de cette nouvelle Inquisition capable de médicaliser en fait toute critique sauf une celle ayant trait au "libéralisme" bien sûr, une telle animosité pouvant alors servir de point de contact aux diverses idéologies absolutistes qui y voient un ennemi à éliminer bien plus qu'un adversaire.

Le second exemple fait état des propos de la nouvelle directrice de campagne de la candidate à la primaire écologiste, pourfendeuse de ladite "loi travail" et qui s'est targuée des bons sondages récents adoubant en quelque sorte la loi Taubira quant aux mariages de même sexe y voyant là une quasi acceptation des thèses genristes puisque pour elle avoir deux pères deux mères etc c'est kifkif bourricot réduisant là aussi la filiation à un problème "d'affection" alors qu'il s'agit principalement d'un problème d'identification de projection mimétique propre aux différences psychiques, ce qui est d'une toute autre complexité que cette seule arithmétique animalière présupposant que "l'affection" octroyée c'est au fond un peu de chaleur telle la femelle sevrant ses petits les premiers mois, tout un réductionnisme techniciste mesurant ainsi quantitativement une filiation au degré de "care" mise à disposition.

On mesure là le degré de vulgarité, de méconnaissance crasse du psychisme distinctif, mais aussi l'application des thèses sadiennes (défendues par Foucault et Deleuze) réduisant âme et corps au mécanisme indifférencié des désirs totaux (jusqu'à la mort donnée chère à Derrida lisant Blanchot) comme l'avait très bien analysé Olivier Véron dans L'avenir du printemps (Les Provinciales) en observant (p.107)qu'

" un homme ou une femme n'est plus qu'un objet sans visage et sans sexe, passant de l'un à l'autre, "monnaie vivante" (Klossowski), seul l'orifice anal étant considéré à cause de sa puissance de transgression. (Rachele Borghi, une discipline de Judith Butler qui enseigne actuellement à l'Université de Paris-Sorbonne, parle de "l'anus comme laboratoire des pratiques démocratiques".).

On peut comprendre aussi pourquoi face à de telles injonctions posant une telle indifférence comme cadre normatif impératif implicite d'aucuns encore mineur(e)s peuvent virer djihadistes ou identitaires racialistes (sauf que ces derniers oublient que les partisans de la dissolution nihiliste du moi sont aussi blancs blonds et de souche depuis des générations, Foucault, Deleuze, Lyotard, Mélenchon, Duflot… ne semblant pas avoir dans leurs noms des consonances métèques juives etc…)

Le troisième exemple fait justement état de ces nouvelles milices normatives comme les "antifa" dont parle également Olivier Véron dans le même ouvrage (pp.62-67) qui articulent à la fois la lutte anti-identitaire, anti-homophobe, antisioniste, anti-libérale, pouvant ici aller casser une permanence socialiste, expulser là manu militari des "veilleurs" des fameuses "nuit debout" ou tissant ici et là des pétitions pour cataloguer d'islamophobe un chercheur considérant que l'islam n'a pas, n'a jamais, été le lien avec la philosophie grecque (réduisant en plus toujours diverses cultures à leur religiosité commune majoritaire alors qu'un Avicenne était Perse, Saladin Kurde, Averroès Maure…).

Le quatrième exemple est à repérer dans ce nouveau millénarisme réchauffiste et carbo-centriste (intégrant d'ailleurs les trois autres) accusant l'humain consommateur (donc"pêcheur") de tous les maux touchant "Gaïa" en particulier celui dudit "réchauffement climatique" alors que le climat a toujours changé (disait feu Marcel Leroux) et que l'on confond lutte nécessaire contre la pollution la désertification les déchets, les gaspillages, et hypothétique lutte contre un changement climatique dont rien ne dit encore que l'activité humaine soit la principale cause de sa modification. Malgré les coups de chaleur ou de froid (dans les années 70 on parlait d'ailleurs de refroidissement climatique…)

Le plus problématique dans ces quatre exemples tient moins aux positions tenues qui après tout sont recevables en régime démocratique issu de plusieurs siècles de combat contre l'absolutisme, que dans la volonté opiniâtre de leurs adeptes d'imposer leur manière de voir, jusqu'à poursuivre et "buter" tout récalcitrant y compris dans l'intimité de son travail, un Marcel Leroux par exemple, professeur de climatologie (alors que Jean Jouzel est glaciologue et non pas climatologue au sens académique) a vu les crédits de son laboratoire à Lyon3 supprimés comme il me l'avait confié, une telle hostilité l'ayant d'ailleurs miné jusqu'à sa mort peu de temps après…

N'oublions pas aussi que l'on avait tenté d'évincer Sylvain Gouguenheim de son poste de médiéviste alors que l'Université a été fondée en Occident comme un univers protégé dans lequel la liberté de pensée est première….

Gageons que cette nouvelle caste dominante va faire feu de tout bois au fur et à mesure qu'elle sentira le vent du boulet. Mais est-ce si sûr ?…

Sous Sarkozy, et alors qu'une section de criminologie devait naître à l'Université, afin de bien la distinguer de la sociologie pénale et de la psychologie criminelle, parce que l'acte criminel doit être étudié en tant que tel et non pas le réduire à des circonstances sociales et psychiques (telle aujourd'hui la notion de "déséquilibré")cette section a été avortée.

Or, l'acte criminel en particulier dit "terroriste" peut aussi se nourrir d'idéologies mortifères qui légitiment d'un point de vue eschatologique l'acte meurtrier ; ce qui implique de caractériser et d'étudier précisément ces idéologies ; par exemple l'islam et ses interprétations, par exemple l'anarchisme, le léninisme, le nationalisme… ; sans oublier certaines variantes du technicisme affairiste qui basculent elles aussi en absolutisme et d'ailleurs peuvent s'allier aux variantes actuelles du néo-léninisme par le nouvel eugénisme de la GPA, tout en se servant de "l'islam cool" (tant prôné par la BBC, France Culture et Médiapart) comme néo-bouddhisme faisant office d'un paravent culturaliste afin de cacher en même temps (à la façon de docteur Jekyll et Mister Hyde) la traque implicite et explicite de tout courant réellement critique refusant ces diverses formes d'aseptisation établies dans les quatre exemples.

L'absolutisme ainsi se métamorphose et affiche aujourd'hui un visage d'ange : or, à trop faire l'ange…

Le 15/9/2016     

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