LE CHOC

Par marcsuivre


Pendant quelques jours, le sort du monde a semblé reposer sur les épaules d’un illuminé comme seuls les Etats-Unis peuvent en inventer. Le pasteur
d’une sous-secte évangélique entendait saluer le 11 septembre par un
autodafé, afin de protester contre un projet qui a toute les raisons de
choquer – à savoir la construction d’une mosquée à quelques pas de ce
qui fut un jour le World Trade Center – notre doux dingue comptait
brûler 200 Corans.

Coran alternatif ou continu ?

Tout ce qui pense, mais aussi ce qui planifie – le Général Petraeus en tête – de s’alarmer aussitôt, sur les conséquences d’un tel geste. Les mêmes
qui nous assurent à longueurs d’ondes  (le Général excepté cette
fois-ci) que l’Islam est une Religion d’Amour, de Tolérance et de Paix
nous affirment solennellement que la paix dans le monde n ‘y survivrait
pas ou, qu’à tout le moins, les représailles sur les Occidentaux et les
chrétiens seraient terribles.

Le pire là dedans, c’est qu’ils ont probablement raison. Cette réalité devrait nous ouvrir les yeux sur la vraie nature de cette religion et, par ricochet, sur celle de nos sociétés que les mêmes
prétendent intolérantes. Soi-disant, nous ne serions plus capable de
nous ouvrir à l’Autre. Nous faisons en cela preuve d’un incroyable
égoïsme et d’un insondable ethnocentrisme, prémices d’un repli
identitaire mortifère, à en croire les promoteurs infatigables du monde
merveilleux des Bisounours multiculturels. Pourtant, à bien y regarder,
on a du mal à l’apercevoir, la tolérance et l’ouverture aux autres, chez
des musulmans qui sont prêts à relancer le« Djihad» pour 200 bouquins
brûlés.

C’est vrai qu’il faut être un sectaire de catholique pour supporter sans mot dire les attaques continuelles contre le Pape et les moqueries incessantes sur sa propre foi de la part de tout ce qui se prétend
« éclairé » dans nos contrées. Aucun chrétien, fût-il intégriste, n’a
encore, à ce jour, égorgé un journaliste, un imâm ou un humanitaire
musulman au nom de sa religion. Non ! On nous ressasse à l’envie des
croisades qui sont vieilles de 900 ans, en oubliant sciemment que depuis
sa conversion à l’humanisme, en matière de réponse aux agressions,
l’Eglise et son troupeau tendent l’autre joue. Dans un Islam
prétendument de paix : pas question de cela ! Il n’est qu’à voir les
appels au meurtre qui tombent des minarets à la moindre caricature.

Il est bien frais mon journaliste otage

Tout le monde s’émerveille – ou feint de le faire – de l’acte de solidarité que  les musulmans de France ont engagé au « bénéfice » des journalistes de France-Télévision retenus – selon la formule consacrée pour ne blesser personne - en Afghanistan, à l’occasion des célébrations marquant la fin du Ramadan.

Les dites « autorités » ont solennellement appelé à la libération de nos compatriotes au nom « des valeurs de paix de l’Islam en ce jour de fête
et de pardon ». En dehors du fait qu’ils n’ont délibérément pas tenu
compte des avertissements des militaires français, de quoi ces deux
journalistes doivent-ils demander pardon aux musulmans ?

Je suis très content que les responsables du culte musulman en France appellent leurs coreligionnaires afghans à la clémence, tout autant qu’à la raison, mais pourquoi attendre aussi longtemps ? Qu’est-ce qui
les empêchait, ces grandes consciences, de lancer leur appel dès
l’enlèvement, ou au pire, dès que le battage médiatique s’est mis en
branle autour de leur sort peu enviable, il y a de cela  plus de 6 mois ?

En réalité, c’est une opération de communication destinée à nous faire gober le bobard de la Tolérance comme élément constitutif d’une religion qui s’est toujours construite par le combat. Qu’il y ait parmi
les musulmans français des gens qui vivent leur foi comme une affaire
personnelle et qui se désolent de la manière dont elle est
instrumentalisée par les fondamentalistes pour mener à une guerre de
civilisation, est indéniable. Il se trouve malheureusement qu’on ne les
entend pas. Cela n’a rien d’étonnant car il s’agit précisément de
musulmans français. Ils ont intégré la notion de base de notre pacte républicain : la religion est une affaire privée. Ces gens là sont assimilés,
ils se sont fondus dans la masse du peuple français et sont, comme lui,
devenus laïcs ; ce qui ne veut pas dire – contrairement à ce que
professent nos barbus francs maçons – qu’ils seraient devenus athées.

C’est sous prétexte de ne pas « faire de la peine » à ces gens là en dénonçant les turpitudes des fanatiques, qu’on nous demande de taire les
outrances des barbus (pas les maçons, les autres) et de tolérer leurs
exigences. L’astuce est un peu grossière et elle ne prend plus. Il faut
au contraire que ceux que l’on appelle un peu commodément les
« modérés » sortent de leur silence et affirment sans ambages leurs
convictions en dénonçant les exactions des extrémistes.

A défaut, le Choc des civilisations pronostiqué par Samuel Huntington dans son livre fondateur s’accomplira. Il ne sert à rien de dénoncer ses écrits comme apocalyptiques, hérétiques voire sataniques et
de précipiter, ce faisant, la réalisation de ce que l’auteur ne
présente comme inéluctable qu’à la condition expresse de ne pas y
apporter de remède. Comme dans bien d’autres domaines : retraites,
sécurité, dettes publiques… la politique de l’autruche ne fait que
reculer l’échéance, elle ne la fait pas disparaître. Il n’y a qu’à
regarder les Grecs pour s’en convaincre !

Le choc de LA civilisation

Plus qu’un choc des civilisations, c’est d’un choc de notre civilisation qu’il faut analyser. Nous nous sommes longtemps pensés, à juste raison, comme universels et nous continuons de le faire, malgré
tout notre pathos multiculturel. Aussi avons nous du mal, aujourd’hui, à
penser le monde comme « pluriel ».

Que l’on y songe, notre calendrier est universel, nos façon de mesurer le passage du temps, les distances, de nous situer dans l’espace géographique, le sont aussi. Tout, jusqu’à notre sacro sainte et
intouchable religion des Droits de l’Homme, est à vocation universelle.
La lutte entre l’enfer communiste et la démocratie n’était rien d’autre
que l’affrontement de deux doctrines occidentales globalisatrices.

Le triomphe de la démocratie sur le bolchevisme a pu faire penser à une fin de l’Histoire, en ce sens qu’il n’existait plus d’alternative, que le bien avait enfin triomphé du mal et que les scories totalitaires,
qu’elles soient maffieuses ou religieuses, allaient se diluer dans le
régime représentatif à l’occidentale, seul vecteur politique capable de
porter le progrès économique de manière pérenne.

La fin de l’Histoire n’est pas pour demain

Pax americana

Hélas, Francis Fukuyama semble s’être trompé et à sa suite, ceux que l’on appelle, avec condescendance chez nos bien-pensants, les « néo-conservateurs » américains. La démocratie ne s’exporte pas les
armes à la main dans des pays aussi déstructurés que ceux du Moyen
Orient. L’Irak de 2003 n’est pas le Japon ou l’Allemagne de 1945. Tous
trois étaient certes des dictatures militaires mais l’Allemagne était de
culture occidentale et le Japon bien que nationaliste, très perméable
aux apports de civilisations venus de l’extérieur.

Sur le plan économique, la Chine du 21ème siècle semble contredire le principe qui veut que le développement aille de pair avec la démocratie politique. Le modèle occidental de développement n’est
donc plus unique. Il est remis en cause industriellement, du moins pour
l’instant, par la Chine – ce pays est trop vaste et trop compliqué pour
être affirmatif sur la pérennité de ce constat – et politiquement par
l’Islam.

Un autre modèle ... pour l'instant

Ce qu’il y a de pervers et de potentiellement explosif dans cette seconde contestation, c’est que la zone de contact entre les deux modèles est très étendue. Il s’ensuit que l’interpénétration entre les
deux sociétés est plus grande, dans ce cas, qu’entre l’Orient chinois et
l’Occident. Tout comme nous, le monde musulman, même s’il ne s’en est
jamais vraiment donné les moyens, est universaliste. La Chine beaucoup
moins, dans la mesure où elle s’est longtemps suffit à elle même. L’Empire du Milieu moderne, n’est
guère expansionniste, territorialement s’entend du moins tant que ses
débouchés commerciaux et les flux de ses approvisionnements en matières
premières ne se trouvent pas menacés. La ressemblance avec les
Etats-Unis est de ce point de vue frappante.

Crispation identitaire dans un monde musulman à lagonie

En réalité la crise née du 11 septembre 2001, vient de la crispation identitaire musulmane. Celle-ci procède, nous l’avons vu, de sa proximité avec le modèle, peut-être déclinant mais encore singulièrement
puissant, qu’est l’Occident. La force d’attraction de notre
civilisation reste quasi intacte, et les sociétés du Proche et du Moyen
Orient en subissent quotidiennement les conséquences.

Les traditions sont remises en cause, délaissées au profit de la modernité Occidentale, par une jeunesse qui aspire aux plaisirs de cette société
de consommation qui nous est si naturelle que nous ne remarquons même
plus sa singularité. Puisqu’ils se sont montrés jusqu’ici, malgré leurs
richesses, totalement incapables à satisfaire les aspirations de leurs
peuples en la matière, les potentats de ces pays, réagissent en prônant
un retour à la rigueur morale, qui s’incarne à merveille dans une
religion, très contraignante et démonstrative quand on en suit les
principes.

Face à cette lente agonie, si nous devons nous garder d’organiser d’inutiles provocations, nous nous devons de rester fermes sur nos principes afin
de ne pas compromettre la convergence et la dilution du monde
arabo-musulman dans notre modèle. A la déchristianisation avancée de nos
sociétés civiles, doit répondre une dés-islamisation de ces pays. Si
nous parvenons à assimiler celles et ceux d’entre eux qui sont venus
nous rejoindre en traversant la Méditerranée, nous assurerons notre
avenir plus sûrement que par tout autre moyen. Les Barbus ont bien
compris le danger. Ils redoutent plus que nous, la cinquième colonne
constituée des hordes de musulmans occidentalisés qui viendraient leur
donner le coup de grâce en portant nos valeurs au cœur de leur Moyen
Age.

Voilà l’ambition que devraient avoir nos humanistes-droits-de-l’hommistes plutôt que de pérenniser, lâchement, la domination d’une religion sur la conscience d’une partie de leurs concitoyens, par l’exaltation d’un
« droit à la différence » qui n’est, en fait, que le cache sexe d’un
nouvel apartheid.

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Réponses à cette discussion

Oui, il faut bien brûler ce Coran.
Oui l'assimilation de tous ceux qui, bien qu'issus de la mouvance islamique, sont venus en Occident nous rejoindre, passe par leur acceptation d'une religion d'amour, de tolérance et de pardon. Tous ces gens doivent montrer l'exemple à leurs anciens co-religionaires et déjà prendre comme valeur ultime la reconnaissance de tous les êtres humains sans distinction et respecter comme le plus grand des tabous le premier précepte de nos 10 commandements, "Tu ne tueras point" !
Toute autre mouvement sectaire qui préconiserait non seulement le suicide mais l'assassinat d'innocents et surtout dans le but de terroriser ceux qui ne veulent pas se soumettre à certains préceptes du Coran, doit être ostracisé de leur part. Et c'est par cet exemple massif, auquel le monde judéo-chrtétien tout entier doit apporter son concours, que le monde islamiste et ses concepts qui ne peuvent plus avoir lieu au XXIème siècle, reculera. Ce n'est certainement pas en acceptant cette soumission au terrorisme, que nous aiderons ces pauvres gens à s'émanciper de cette secte archaïque.

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