Le halal en France.

L'émission Envoyé Spécial de France 2 a fait paraître une reportage ayant pour sujet la viande halal en France, preuve que cette question est susceptible d'intéresser son public.

Marine le Pen a dit que 100% de la viande en Ile de France est de qualité halal. Aussitôt de nombreux personnages, en particulier monsieur Claude Guéant, ministre de l'Intérieur ont dit que c'était faux, arguant généralement que ce n'était pas 100%, mais nettement moins.

Je ne pense pas que ce genre de réponse ait une quelconque validité car ce n'est certainement pas de cette façon qu'on peut apporter une contradiction étayée, mais c'est bien ainsi que l'on doit se comporter pour déclencher une polémique et en faire immédiatement porter la responsabilité sur le Front National.

Il faut, quand on est sérieux ou qu'on prétend le faire croire examiner, hors polémique, la législation et les faits, ensuite on pourra tirer des conclusions suivant le droit français, mâtinées de sa sensibilité ou de ses souhaits.

La loi:

La loi actuelle stipule que l'abattage des animaux ne doit pas les faire souffrir et oblige donc à un endormissement préalable.

Une dérogation à cette loi permet cependant l'abattage rituel pour satisfaire à deux religions: juive et musulmane.

Une dérogation, en droit, n'a pas pour vocation à devenir une généralité.

La réglementation Européenne rappelle souvent à la France ses devoirs dans ce domaine et nous somme de nous mettre en conformité avec les décrets de l'Union.

Dans beaucoup de pays, y compris en France, un fort courant préconise l'interdiction des corridas, spécialement au motif de leur cruauté et complètement à l'encontre de certaines coutumes, mais une loi précise et contraignante n'est pas votée.

La tradition en France:

Régulièrement il y a des manifestations pour que les professions modifient leurs pratiques vers un sens plus respectueux de la nature et des animaux sauvages ou d'élevage.

Les associations de consommateurs réclament très souvent plus de transparence afin que chacun puisse aisément connaître les qualités de ce qu'il achète afin qu'il le fasse en toute liberté.

L'information claire et la liberté de choix:

Aujourd'hui, grâce à l'émission de France 2 et surtout au retentissement que lui a donné madame Le Pen, nous savons que notre information de consommateur est très mauvaise, car certains professionnels avancent des vérités différentes des réponses officielles qui se voulant définitives renforcent seulement la polémique.

Des personnes mal intentionnées, tentent de nous faire prendre des vessies pour des lanternes en mêlant abusivement les statistiques des abattages faits en Ile de France et la viande vendue dans cette région, alléguant qu'une faible partie de la viande mise sur le marché en région parisienne est issue des abattages de la même région. Ainsi, ces mal intentionnés tendraient à faire croire qu'ailleurs en France il n'y aurait pas d'abattage rituel, ce que l'on sait tout à fait faux.

Sans information claire, et dans le cas présent, tout paraît mis en œuvre par les pouvoirs publics pour masquer la vérité, il ne peut y avoir de libre choix. Encore une fois, les pouvoirs publics se comportent en totalitaires sachant ce qui est bon pour le peuple infantilisé qui doit obéir sans poser de question.

La question économique:

Il est bien évident que mettre en place plusieurs procédés d'abattage a un coût supérieur à un seul procédé. A qui est facturée la différence? Je crains que ne n'obtenions jamais cette réponse.

Qui a payé pour la transformation d'abattoirs traditionnels en abattoirs rituels?

Une information qui ne paraît plus aujourd'hui, soumettait la validation d'un procédé halal à l'aval d'un imam rémunéré pour ce travail. Si seulement la viande halal supporte ce coût et qu'il est exclusivement répercuté sur les consommateurs qui achètent ces produits pour leur valeur ajoutée, il n'y a rien à redire. Si cependant, comme cela semble probable compte tenu des contraintes industrielles, des consommateurs non consentants explicitement, sont contraints de payer cette dîme, il y a financement indu d'un culte, en complète contravention avec les lois de 1905.

On doit donc conclure que le halal, en France, ne respecte ni les lois, ni les traditions et fait fi du libre choix éclairé des consommateurs, avec circonstance aggravante la mansuétude des pouvoirs publics soit mal informés et donc incompétents, soit complices de l'illégalité.

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Réponses à cette discussion

Je vais essayer d'apporter mes connaissances à cette discussion. 

Je suis à la retraite mais j'ai travaillé pendant 30 ans sur le marché de la viande en gros, principalement de la région parisienne. Une chose est sûre c'est que les abattoirs sont sur les lieux d'élevage en France et que l'élevage en Ile de France est relativement minime, donc les tonnages abattus le sont aussi. Quand le Président de la profession indique 5.000 tonnes abattues en RP pour 200.000 tonnes consommées (ce qui fait 2,5%) c'est possible, mais ce n'est pas pour autant que ce ne sont que 2,5% de viandes Halal qui sont consommées en RP. Car comme le montre le reportage d'envoyé spécial, c'est beaucoup d'abattoirs de province qui pratiquent l'abattage rituel pour des raisons économiques que coûteraient les modifications de processus d'abattage incessantes. 

Sur les 200.000 tonnes consommées en RP, une grande partie, surtout dans le circuit de la grande distribution arrive directement depuis la Province. Des quantités importantes passent par le Marché de Rungis qui est un marché d'excédent à destination principalement de la RP. Mais cela n'implique pas  que ces viandes aient été abattues suivant les rites cultuels. Le reportage d'Envoyé Spécial montre bien que plus l'abattoir est important, plus changer de méthode d'abattage est coûteux, mais ils peuvent aussi avoir plus facilement une chaîne dédiée à cette pratique. Par ailleurs cela m'étonnerait que toutes les viandes égorgées pour des raisons de production, payent les taxes soit au Consistoire soit aux Instances donnant le certificat de viande Halal. Mais comme on l'a vu dans le reportage, comme il y a de moins en moins de vétérinaires qui contrôlent il n'y a pas non plus ni les rabbins, ni les imams qui sont là pour contrôler les "sacrifices". Une bête égorgée vivante et c'est fait pour cela d'une manière ancestrale, va perdre beaucoup plus de sang que si elle est tuée brutalement et cela va se voir sur la carcasse post-mortem. Donc il est bien possible que des quantités importantes soient abattues ainsi, afin que celles qui ont les appellations cacher ou halal le soient bien même si aucun religieux n'étaient présents au moment de la mise à mort. D'ailleurs on a bien vu dans le reportage que c'était un employé de l'abattoir qui égorgeait et pas un religieux, alors que cela fait partie du rite. Bonjour l’hypocrisie.

Ce sont 7,5 % de la population qui a vocation à manger une telle viande, mais tous ne vont pas le faire donc les quantités sont moindre, bien moindre. En Suisse ces pratiques d'un autre temps sont carrément interdites, cultuelles ou non. Il faut savoir ce que l'on veut et ceux qui ne veulent manger rien d'autres importent de l'étranger ces viandes congelées ou non. 

Je ne vois pas pourquoi, tant sur le plan de l'hygiène comme l'a montré le reportage que sur l'aspect cruel vis à vis des animaux cela n'est pas respecté. Pourquoi en France il n'y aurait plus, demain, ces pratiques d'un autre âge ? Ceux qui ne peuvent pas manger autre chose peuvent soit devenir végétariens soit aller dans les pays où ce genre d'abattage existe encore. Parce qu'il ne faut pas être hypocrites non plus, importer des viandes congelées ou réfrigérées abattues à l'étranger dans de telles conditions ne mettent pas les consommateurs toutes religions confondues, à l'abri d'accidents sanitaires graves, surtout de viandes provenant d'abattoirs qui seraient encore moins contrôlés qu'en France.

Mais le voile a été interdit et cela n'était pourtant pas nuisible à la santé, les prières dans les rues aussi qui empêchaient de circuler librement sur le domaine public, pourquoi ne pas faire appliquer cette loi qui respecte les animaux et qui est un gage de bonne hygiène sanitaire. D'ailleurs je suis sur que c'est pour beaucoup la tolérance d'abattre suivant ces rites qui maintient sur notre territoire des abattoirs de niveau III et IV. Tout est lié. 

Et cette interdiction d'abattage en France suivant de telles pratiques doit donc aussi aller à l'interdiction d'importer ces viandes qui peuvent contaminer les populations comme on le voit et qu'on a vu dans certains fast-food, qui justement font la promotion d'une telle viande.

Ce qui veut dire qu'il ne restera que la solution pour ceux qui ne peuvent manger autrement que donc de devenir végétariens, soit d'émigrer vers des pays pouvant consommer une telle viande. Il faut savoir si venir habiter et vivre en France ne vaut pas l'abandon de telles pratiques de la part de ces populations. Ce qui serait insupportable, serait de voir ces hôtes nous obliger à des pratiques archaïques et que nos dirigeants ne puissent pas nous en protéger. Sur tous ces plans retrogrades.

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